LA POSITION FERME DU CHEF ISMAËL PARAÏSO LORS D’UNE ÉMISSION SPÉCIALE SUR DBS

20 septembre 2026𝗔𝗠𝗜𝗡𝗔 𝗠𝗢𝗗𝗨𝗚𝗞𝗘24 vues
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LA POSITION FERME DU CHEF ISMAËL PARAÏSO LORS D’UNE ÉMISSION SPÉCIALE SUR DBS

Invité dans le cadre d’une émission spéciale diffusée sur la chaîne de télévision DBS, le Chef Ismaël PARAÏSO s’est exprimé sur deux sujets majeurs : la protection de la ville sainte de La Mecque et les enjeux liés à l’organisation de la Communauté musulmane au Cameroun, notamment à travers la récente installation du Grand Imam Central de la ville de Douala.

1. LA MECQUE : « NOUS NE DEVONS PAS ATTENDRE QU’ELLE SOIT ATTAQUÉE POUR RÉAGIR »

La Mecque occupe une place unique et particulière dans le cœur de tous les musulmans à travers le monde. Elle constitue, avec les autres lieux saints de l’Islam, un symbole spirituel majeur pour la Oumma.

Cette position intervient dans un contexte de fortes tensions régionales. Le 15 septembre 2026, l’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté un drone au sud de La Mecque, avant qu’il ne pénètre dans l’espace aérien restreint de la ville. Les Houthis ont contesté l’accusation selon laquelle l’appareil aurait visé La Mecque.

Pour le Chef Ismaël PARAÏSO, ce type d’incident doit être considéré comme un signal d’alerte nécessitant une vigilance accrue autour des lieux saints.

« La Mecque occupe une place unique et importante dans le cœur de tous les musulmans du monde entier. Il ne sera pas question que nous restions dans des postures de jugement et que nous attendions qu’elle soit attaquée avant de dire un mot. »

Il rappelle que, dès lors qu’un signal de pénétration d’un drone est détecté à proximité d’un espace aussi sensible, toutes les dispositions nécessaires à la protection des lieux saints doivent être prises par les autorités compétentes.

Dans cette perspective, il indique que l’AC2PC, dont il est le président national, a entrepris une démarche de sensibilisation et d’alerte internationale afin de rappeler la sacralité de La Mecque et l’importance de sa protection.

Le Chef Ismaël PARAÏSO appelle par ailleurs les médias à renforcer les messages de paix, de retenue et de responsabilité afin d’éviter que les tensions régionales ne débouchent sur une crise plus large.

2. INSTALLATION DU GRAND IMAM CENTRAL DE DOUALA : « L’HISTOIRE DE CETTE VILLE NE PEUT PAS ÊTRE RÉÉCRITE PARTIELLEMENT »

Revenant sur la cérémonie d’installation officielle du Grand Imam Central de la ville de Douala, tenue le 13 septembre 2026, le Chef Ismaël PARAÏSO estime que cette cérémonie a constitué un moment important de mobilisation de la communauté musulmane.

Il souligne notamment la présence de différentes composantes de la communauté musulmane du Littoral et du Sud-Ouest autour de cet événement.

Chefferies traditionnelles et associations : des cadres aux statuts différents

Dans son intervention, le Chef Ismaël PARAÏSO a insisté sur la nécessité de distinguer les rôles des chefferies traditionnelles, des associations et des autres structures communautaires.

Cette distinction mérite d’être replacée dans le cadre institutionnel camerounais : le MINAT indique officiellement avoir, d’une part, la charge du suivi des chefferies traditionnelles et, d’autre part, des missions relatives aux libertés publiques, aux associations et aux questions de culte.

Le Chef Ismaël PARAÏSO défend ainsi l’idée que les associations légalement constituées doivent exercer leurs missions conformément à leur statut et ne sauraient être assimilées automatiquement à des chefferies traditionnelles.

Il affirme notamment :

« Les associations à décret ne sont pas des chefferies traditionnelles, encore moins des chambres d’arbitrage communautaires. Elles ont leurs missions et apportent leur contribution à l’organisation de la communauté, dans le respect de leur statut. »

Il rappelle également que la liberté d’association au Cameroun est encadrée notamment par la loi n° 90/053 du 19 décembre 1990, dont certaines dispositions ont depuis été modifiées par les lois de 2020 et 2021.

« L’histoire de la Grande Mosquée Centrale ne commence pas en 1990 »

Pour le Chef Ismaël PARAÏSO, la réflexion sur l’organisation de la communauté musulmane doit également tenir compte de son histoire.

Il rappelle que la Grande Mosquée Centrale de Douala s’inscrit dans une histoire ancienne de la présence et de l’organisation de l’Islam dans la ville.

« La mosquée centrale a été pensée bien avant l’avènement du pluralisme associatif moderne. Nos pères fondateurs étaient-ils assis sous quelles associations ? L’Islam n’était-il pas organisé ? Qui étaient ceux qui étaient là avant ? Et pourquoi voulons-nous refaire l’histoire ? »

Selon lui, l’histoire de l’Islam au Cameroun ne saurait être réduite à la période ouverte par la loi sur la liberté d’association de 1990.

Il rappelle toutefois que les associations ont leur place dans l’organisation sociale et religieuse du pays et qu’elles peuvent apporter leur contribution au développement de la communauté, conformément à leur cadre juridique.

Hommage aux acteurs de la cérémonie

Au terme de son intervention, le Chef Ismaël PARAÏSO a tenu à saluer les responsables ayant contribué à l’organisation de la cérémonie d’installation du Grand Imam Central de Douala.

Il a notamment adressé ses remerciements aux Chefs Traditionnels et Dignitaires Musulmans, avec à leur tête Sa Majesté El-Hadj Aboubakar Backo, ainsi qu’au Comité d’organisation conduit par El Hadj Mouhamadou Yakoukou et l’ensemble de son équipe.

Pour le Chef Ismaël PARAÏSO, les événements récents doivent surtout inviter les différentes composantes de la communauté musulmane à préserver le dialogue, la cohésion et la transmission de l’histoire.

« Cette ville a une histoire. Et cette histoire ne doit plus être écrite partiellement. »